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A rejoint le : 18 oct. 2021
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Mon histoire avec l'Afrique

Est-ce que je vais vous parler de ma première poupée, un joli petit baigneur tout noir, en caoutchouc, pour lequel ma maman tricotait des vêtements et auquel je vouais beaucoup d'affection ?

Ou de mon école, à l'Institut du Sacré-Coeur de Saint-Maur-des-Fossés (F-94100), qui accueillait parfois des religieuses du Bénin (anciennement Dahomey) ? Toutes vêtues de blanc, elles descendaient en procession avec nos religieuses tout en noir dans le parc pour réciter le chapelet en marchant. C'était étonnant à regarder de la salle de classe où j'étais censée suivre un cours. Notre Carême était souvent de se priver de dessert pour les missions de notre école. Nous avions des séances de cinéma sur l'Afrique. J'étais étonnée de la végétation, des pluies si chaudes et de voir les gens s'abriter sous de grandes feuilles qui servaient de parapluie. En 6e, j'avais 3 amies africaines, Cécile Koné de Bobo-Dioulasso, une ivoirienne et une autre de Djibouti.

Durant les années 60 à Paris, beaucoup d'Africains fréquentaient les universités parisiennes. Ils étaient fils de roi et brillants. Ils portaient en eux toute une culture qui m'émerveillait. Ma maman, étant expert comptable, avait la tâche de remettre d'aplomb la comptabilité de la renommée maison d'édition "Présence Africaine". A la maison, on parlait de Mamadou que je n'ai jamais rencontré, du moins pour celui-là.


Mon cousin, Guy HUGUES, aimait voyager. Chaque année, il projetait ses diapos de son voyage aux extrémités de la terre pour toute la famille. Dès les années 1970, Guy fait la découverte de Tanzeongo, Sanmatenga, Région Centre-Nord, au Burkina Faso, par sa rencontre avec Noaga, fils du chef de village, qui habitait sa résidence à Ville d'Avray (F-78), . Mes parents cotisaient alors avec Guy pour ses actions : achat de crayons, de cahiers, puis de fournitures et de livres. Son objectif : l'éducation et la santé, soit l'Ecole et le Dispensaire du village.

Il s'occupait personnellement des études du fils de Noaga, Hamidou OUEDRAGO (à gauche sur la photo) qui est aujourd'hui rédacteur au Journal indépendant, l'Observateur Paalga. En décembre 2016, la veille de la fête nationale à Kaya, Guy a été décoré, récompensé de sa fidélité au village de Tanzéongo, avec toute la reconnaissance de Hamidou.

En 2008, Guy, agnostique, nous interpelle : "Vous les Chrétiens, faites quelque chose pour l'église de Tanzéongo. La chapelle, au milieu de mon village fait tâche. Elle est inesthétique, pas plus grande qu'un garage et dans un état pitoyable : la tôle du toit est percée et il pleut sur l'autel".

Alors que nous fêtions l'anniversaire de mon frère à l'Ile Bouchard, j'observe mon cousin entreprendre l'un des invités : un prêtre luxembourgeois, François TERZER. Celui-ci de répondre : "oui, on va faire quelque chose pour vous".

Suite à un enterrement, abbé François TERZER, m'annonce disposer de 2.500€ pour ce projet qui, du coup, me tombe dans les mains. Trouver une ONG était indispensable pour que cette somme puisse être officiellement déposée en conformité avec les comptes de sa paroisse. Hésitations, recherches, attente... J'étais bien embarrassée, mais la Providence me fait rencontrer Sandro SANDINI à qui je parle évasiment de ce projet. Il me dit être représentant de l'AED-Aide à l'Eglise en Détresse pour le Luxembourg. Je reste sceptique, car les Chrétiens du Burkina ne sont pas persécutés. Mais je lui transmets le dossier préparé par abbé Théophile DABILOUGOU, alors curé cathédrale de Kaya. Et le dossier est accepté par l'AED, mais il faut approvisionner le compte. C'est avec Marie-Thérèse, ma soeur très généreuse, et quelques donateurs chrétiens de Guy, que nous finançons cette chapelle à 75%.

La chapelle est construite en pierre taillée, inaugurée en 2010. C'est mon premier projet mené avec le diocèse de Kaya.

En janvier 2011, lors d'un séjour entre 7 cousins, nous venons découvrir Tanzeongo pour la première fois et voir la réalisation de ce projet. Une grande fête est organisée par le journaliste Hamidou et tout le village. On prie, messe à la chapelle... On mange... On danse... Guy passe bien 5mn à la télévision burkinabè, coiffé d'un chapeau de Saponé, une daba sur l'épaule et vêtu d'une chemise traditionnelle.

Pendant ce temps, Abou Karim, collègue journaliste de Hamidou, me questionnait sur mes projets futurs au Burkina. Que dire, je ne l'avait même pas imaginé.

Mais quand il me précisa : "Feriez-vous quelque chose pour l'eau ?", impossible de dire NON. Dans ma tête, tout se calcula rapidement. Puisque sans aucune aide, nous avions pu financer la construction d'une chapelle avec 3 participants, comment ne pas intéresser les autres, collègues et amis, à donner de l'eau au village ?

C'est lors de ma cessation de fonctions à mon bureau (fin 2011) que je lançai un appel à don pour ce projet. Même si le montant obtenu restait très humble, j'étais lançée.

Et l'eau jaillit au pied de la colline de la chapelle, pour tous les habitants du village. C'est mon deuxième projet, encore avec le diocèse de Kaya.

En 2012, nous étions à Mané avec mon cousin qui souhaitait rencontrer le Préfet, absent ; le Maire, absent ; le Commissaire, absent ; ... c'est en désespoir de cause que Guy accepte de visiter le Foyer de Mané que Abbé Théophile DABILOUGOU me recommandait depuis plusieurs années.

Une jeune fille court prévenir d'une visite. C'est Sr Christine NIKIEMA, la première directrice du foyer qui nous reçoit. Nous visitons ce beau foyer, bien aménagé, où seulement 15 jeunes filles sont hébergées. Je m'en étonne en me disant que ce sont sans doute des prix exorbitants pour un pays si pauvre. 100€ sont annoncés. Je m'écris : par mois !

- Non par an.

En m’exclamant « mais il faut le remplir ! », je ne me doutais pas que j’allais le prendre en charge toutes ces années avec mes donateurs privés jusqu’à ce que SOS SAHEL International LUXEMBOURG me propose de rendre autonomes les foyers de Mané et de Kaya, celui-ci étant venu s'ajouter en cogestion en 2016.

Encore un projet avec le Diocèse de Kaya.



Je remercie mon cousin GUY de m'avoir ouvert la porte de Tanzeongo avec Hamidou ;

ma soeur, Marie-Thérèse et son mari Christian DABIN, et ceux de ma parenté pour leur accompagnement financier régulier depuis la première heure ;

mes collègues, mes amis, les enfants francophones de la Première Communion 2021 à Limpertsberg, mes amis animateurs musiciens et chanteurs lors des spectacles, et ceux, si précieux, qui restent à l'écoute de mes appels.

MERCI à mes sponsors sans lesquels je n'aurais jamais pu finaliser mes projets :

La Communauté jésuite du Christ-Roi à Luxembourg ;

La "Paroisse européenne à Luxembourg Asbl" ;

Le Bazar International Asbl.


Un grand MERCI à SOS SAHEL International LUXEMBOURG pour avoir accepté de développer mon projet pour rendre autonomes les deux foyers de KAYA et de MANÉ 😍

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